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Un
Jardin de Branches C’est un jardin de branches Où je me soûle d’ailes Jusqu’à blesser ton corps En y greffant mes plaies C’est dans la nuit étanche Ce feu fou de chandelles Qui soulève des trésors De baisers en baisers Je t’aime et pour le reste Comme en cherchant de l’or J’écrase quelques fruits En étouffant ton geste C’est pour dire mon amie L’espace de tes vergers Tu laisses éclore des nids Dans de tièdes buissons Cédant ton pain ta laine À mes griffes d’enfants Et je deviens ici Un ouvreur d’horizons Sur tes hanches sur tes veines J’explore mille fleuves
errants En forme de bouquet Mêlés comme des sirènes À faire crier l’amour Dans ses profonds secrets Nous n’avons pour séjour Que le ciel du présent C’est un jardin d’étoiles Où l’on pille vole et saigne Des musiques des alcools Que nos doigts font danser Quand tes seins nus me halent Puis confiants se baignent En prenant la parole Aux sources d’un baiser C’est comme une fontaine Où mes mains deviennent folles Mes folles mains écolières Sur ton âme Africaine Qui fait sourdre de terre L’esprit de la beauté
Où naissent tes genoux J’ai peur pour un instant Qu’en des lieux plus
sensibles Ma fleur aux yeux de neige Dans l’un de mes airs fous Pressentant mes serpents Comme des mages irascibles Tu redoutes leur siège Pleure sur ma liberté J’apprendrai l’invisible Et si mon sexe rampe Comme un astre
enchanté Ton cœur est une
lampe Où j’avoue mes
cortèges
C’est un jardin de sable Aux grains étourdissants J’insulte à mort la mort Qu’en maints endroits l’on
frôle Au jeu de l’ineffable Pour accorder le temps On triche un peu le sort En pariant tous les pôles Quand les soleils sans fin Comme de précieux renforts Sortent du fond des granges Je gaule franc magicien Dans du feuillage les anges Qui livrent leurs épaules C’est un jardin de branches Où l’on s’enivre d’ailes Jusqu’à blesser nos corps En y greffant nos plaies C’est dans la nuit étanche Ce feu fou de chandelles Qui soulève des trésors De baisers en baisers L’on s’aime et pour le
reste Comme au fil des aurores Nous croquons chaque fruit Sans retenir nos gestes C’est que l’âme en épi Nous gagnons des greniers ©
Alain Hontoy 1987/2007
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